Noëmie Lemos

Entretien avec Noëmie Lemos

Oneiroi : Salut Noëmie !
En attendant la sortie en juillet prochain de l’anthologie Mécanique et lutte des classes, que dirais-tu de te dévoiler un peu ? 

Peux-tu nous parler un peu de toi, de ton parcours, tes passions, tes projets du moment ?

Noëmie Lemos, auteure de Maudite lumière
Noëmie Lemos, auteure de Maudite lumière

Levons donc le voile sur une histoire moins palpitante que celles contenues dans l’anthologie, j’en ai peur ! Je suis Savoyarde d’origine, et, après quelques pérégrinations françaises, j’ai jeté l’ancre près de Rennes il y a six ans, conquise par le donjon du Château de Giron et son dragon méconnu. Scientifique de formation, je travaille dans l’agro-alimentaire depuis plus de dix ans (ce qui donnera une tranche d’âge aux Sherlock Holmes en herbe qui lisent l’article !) et, après une journée souvent intense en jus de cerveau, j’aime me défouler à la salle de sport. Mes soirées et mes week-ends se partagent entre lire, écrire, chanter, coudre, cuisiner, jardiner, regarder les replays de C’est Pas Sorcier en repassant, faire des ballades motos ou visiter de jolis coins bretons ou français… Je ne m’ennuie jamais ! Depuis quelques mois, j’ai un peu laissé de côté la multi-activité pour prendre un rythme régulier d’écriture, mon chat sur les genoux. C’est une vraie bouffée d’oxygène au quotidien… et c’est devenu un éclat de joie intense à l’annonce de ma première publication, ici même !

O : As-tu un genre littéraire de prédilection ? Des écrivains, des livres fétiches ?

Ouh la la ! il va falloir une heptalogie pour détailler tout ça ! Je suis assez éclectique, bien que je n’aime que l’imaginaire. Fantasy, science-fiction, fantastique, tout me va. J’ai, cependant, un petit (gros) faible pour le steampunk, l’urban-fantasy, et se rajoute en ce moment une attirance particulière pour le solar-punk (je reste une incorrigible optimiste, question de survie).

Estelle Faye auteure préférée de Noëmie Lemos
Les Seigneurs de Bohen, Estelle Faye, Ed. Critic

Quant à mes livres les plus précieux, si on excepte l’œuvre monumentale de Maurice Leblanc, mon amour de jeunesse qui résiste au temps et aux tempêtes (contrairement à Harry Potter… hé oui, on peut se guérir d’être une fan hystérique de HP), la plupart de mes auteurs fétiches ont un point commun. Ils sont tous passés par le lieu incroyable qui se trouve au 19 rue Hoche, à Rennes. Cette petite libraire (Critic) m’a accueillie à bras ouverts à mon arrivée en Bretagne, et c’est grâce aux histoires envoûtantes conseillées par Xavier et Simon que j’ai rencontré mes plus belles passions ! Je suis incapable de prêter mes cinq tomes de Lasser, détective des Dieux  de Sylvie Miller et Philippe Ward, je pleure à chaque lecture des Seigneurs de Bohen d’Estelle Faye, plus rien n’existe autour de moi quand je lis Des Sorciers et des Hommes de Thomas Geha et je n’en peux plus d’harceler Lionel Davoust pour qu’il écrive une suite à la trilogie Léviathan. Et j’en oublie tellement dans le lot, vous comprenez la nécessité d’une heptalogie…

O : Revenons un peu en arrière, aux origines. Comment t’est venu l’envie d’écrire ?

Très bonne question… Parce que cela remonte tellement loin que je n’ai pas l’impression qu’elle soit venue. Les livres ont été d’excellents compagnons lorsque j’étais enfant, et j’ai dû arrêter de lire en marchant le jour où je me suis cognée dans un réverbère. L’écriture est probablement arrivée à ce moment, au collège. Quand je ne pouvais physiquement pas avoir le nez dans un livre, sur le chemin de l’école, j’ai commencé à inventer mes propres histoires.

Cependant, une fois arrivée en cycle d’ingénieur, j’ai laissé de côté cette habitude – il faut penser à tellement de choses lorsque l’on quitte le cocon familial, mon espace mental s’est trouvé saturé entre liste de courses, planning de petits boulots, gestion de budget, avenir professionnel, soirées étudiantes… et cela a remplacé les histoires qui peuplaient mes pensées. J’ai tenu 8-9 ans avant de recommencer à prendre la plume. C’était, et c’est resté longtemps mon jardin secret, une nécessité pour ma santé. Et puis, mes deux sœurs sont tombées enceintes, et j’ai eu envie d’écrire une histoire pour mon neveu et ma nièce – quelque chose dont je n’aurais pas honte en leur lisant dans 10 ans, donc il fallait que ce soit bien ! J’ai suivi des ateliers d’écriture et, de fil en aiguille, j’ai fini par oser répondre à des appels à textes. Depuis octobre, je réponds à un AT par mois, et j’adore ça !

O : Je le rappelle, l’anthologie annuelle d’Oneiroi est une invitation à la découverte du steampunk. Ce deuxième volume a pour thème Mécanique et lutte des classes. Au sommaire 100% féminin, on trouve Transatlantic Star Line (J. Marines), La Nouvelle Elite (T. Hay), Les Pies voleuses (C. Loiseau) et Maudite lumière (N. Lemos).
Comment t’est venu l’idée pour ta nouvelle ?

En répondant à mon 1er AT, j’avais imaginé un univers de fantasy urbaine steampunk, dans les années folles. Quand j’ai vu le thème proposé par Oneiroi, j’ai eu envie d’écrire quelque chose d’un peu plus sombre, tout en restant dans le même univers. M’intéressant à l’électricité, l’idée m’est venue naturellement d’écrire la naissance de ce monde, au moment où la magie n’est qu’une science débutante. 

O : Quelles ont été tes sources d’inspiration pour ton texte ?

Les propos de Floriane Soulas (une des auteurs injustement sacrifiée dans la 1ère partie de l’interview), et plus largement tout son roman Rouille (un autre gros coup de cœur !) m’ont ouvert la porte du système qui régit mon univers. Je n’aime rien de plus dans le steampunk que ce traitement très « scientifique » de la magie. L’électricité, les particules, les ondes qui composent notre univers, ou même le miracle de la biologie, n’est-ce pas de la magie ? La lecture, qui nous permet de communiquer avec des auteurs nés et morts bien avant nous, n’est-ce pas de la magie ? À l’inverse, s’il existait une « magie » au sens culturel où on l’entend (fées et compagnie), n’en n’aurait-on pas fait une science ? Et quelle meilleure période pour parler de tout ça que la belle époque et ses fantastiques découvertes ?

Ces pérégrinations m’ont amenée à penser usine, ouvrières, malédiction… j’ai vu les binoclardes penchées sur leurs hottes, à trier les fées Lecks et Tricks, sous le regard d’un ingénieur débutant… et hop, l’histoire était partie !

O : Avec la situation sanitaire actuelle, tu dois avoir un peu plus de temps pour l’écriture, non ? Quels sont tes projets d’écriture pour l’avenir ?

Oui… et non ! J’ai eu un énorme espoir au début du confinement en me disant que j’aurais moins de travail et des semaines entières pour écrire, mais non (et c’est tant mieux soit dit en passant). Mais comme toutes les activités extérieures sont annulées, j’ai quand même plus de temps le soir et le week-end pour lire et écrire. C’est un vrai plaisir de pouvoir s’y plonger !

Anthologie Mécanique et lutte des classes aux éditions Oneiroi
L’anthologie Mécanique et lutte des classes, à paraître au 1er juillet 2020

Je continue pour le moment à répondre à différents AT – quelque soit le résultat, les retours des anthologistes, éditeurs et autres sont très utiles pour progresser, et toujours bienveillants. Je pense tenir ce rythme jusqu’en novembre prochain, où je m’attèlerai à mon premier projet de roman, qui sera une suite de Maudite lumière.

O : As-tu un site web, un blog, des réseaux sociaux où tes futurs lecteurs pourront te laisser des messages ?

Hé bien, j’ai été un peu prise de cours par la réponse positive d’Oneiroi à ma nouvelle, donc je n’ai pas encore de site ! Mais l’envie d’avoir un blog me taraude depuis un moment (pas d’espace limité, je pourrais déverser toutes mes critiques dithyrambiques sur mes auteurs préférés !). Je vais donc me plonger dans sa création pour qu’un minimum soit prêt en juillet, à la sortie de l’anthologie. Comme c’est plus rapide, je viens de créer une page auteur sur Facebook (et sur Instagram) qui n’attend plus que vos commentaires !

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